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Une campagne contre le Publisac pour un environnement plus propre

Par Sofia Vedechkina

· Autres blogueurs

Le Projet de la réalité climatique Canada s’est récemment assis avec Charles Montpetit, écrivain et fondateur du mouvement « Antipublisac », qui réclame une réexamination de la façon dont les circulaires, dont le Publisac, sont distribués à l'échelle de la ville.

Charles, pourriez-vous m'en dire un peu plus sur la création de votre campagne « Antipublisac » ?

J’ai commencé le mouvement en octobre 2017, quand j’ai reçu moi-même un Publisac non désiré. J’ai d’abord essayé de me plaindre à la compagnie, et ça, à quatre reprises. Même si on me disait que ça cesserait, ça finissait toujours par recommencer. Alors, je me suis tourné vers la Ville de Montréal. Pour supplémenter ce que je disais dans la plainte que j’ai déposé à la Ville, j’ai commencé à prendre des photos dans mon voisinage pour montrer que je n’étais pas seul dans mon expérience. Je faisais le tour de mon cartier et, de fil en aiguille, au bout d’un an et demi, j’avais ramassé huit mille photos ! Chaque fois que j’en ramassais deux cents après une livraison, j’envoyais ça comme une mise à jour de ma plainte à la Ville. J’ai déposé quarante-quatre mises à jour de ma plainte, et ça n’a quand même rien donné !

Je me suis alors dit qu’il fallait impliquer les médias ; tant que ça restait privé entre la Ville et moi, rien ne changerait. J’ai créé mon site web Propre.org et une page Facebook. De là, j’ai commencé à recevoir de l’attention. Rendu à ce point, le mouvement était connu comme étant contre le Publisac. Alors j’ai adopté le nom « Antipublisac », parce que ça permet en un seul mot de comprendre de quoi je parle.

Pourquoi cette cause vous a-t-elle particulièrement touchée ?

Je me suis fait livrer un Publisac en plein à un moment donné où j’étais en train de me demander : « Qu’est-ce que je pourrais bien faire en tant que personne soucieuse de l’environnement ? ». J’avais envie de faire une contribution quelconque. Je trouvais que ce n’était pas suffisant pour moi d’être membre de plusieurs organisations. Pour moi, ça n’a pas le même effet que d’agir. Alors, à ce moment-là, en octobre 2017, j’étais à la recherche de quelque chose dans lequel je pouvais m’impliquer. Et, chaque fois que je pensais à un sujet, c’était quelque chose qui était déjà couvert par un grand organisme. En plus, je ne me sentais pas assez compétent pour parler de ces grands sujets. Mais, quand un Publisac est arrivé juste devant ma porte, je me suis dit : « Ah, ça, je peux en parler ! ». Ça me concernait d’une façon personnelle. En plus, c’était quelque chose qui n’était pas couvert par qui que ce soit.

Quelles étaient vos demandes à la Ville de Montréal dans le cadre du mouvement Antipublisac ?

Il y en avait trois :

  • Il devrait être interdit de déposer un article publicitaire sur une propriété privée si le propriétaire ou l’occupant indique qu’il refuse de le recevoir ;
  • Les sacs contenant des articles publicitaires devraient être constitué d’un matériau qui est moins dommageable pour l’environnement que le plastique et qui ne requiert pas d’être séparé de son contenu avant d’être déposé au recyclage ;
  • La Ville devrait faire respecter les autocollants de refus. 

En réponse, la Ville m’a informé que je devrais passer par une consultation publique. Pour demander une consultation publique à la Ville sur mes trois demandes, il fallait récolter 15 000 signatures. J’ai fait ça, et très rapidement ; ça a pris six jours.

En tenant compte de ça, pourquoi croyez-vous que cette cause affecte les gens si profondément ?

Parce que ça arrive sur le perron de toute la population. C’est à dire, ce n’est pas quelque chose de théorique. Ça touche les gens d’une façon personnelle. Pour chaque personne, c’est un problème qui se retrouve dans sa cour. Et, en plus, ce n’est pas agréable de se faire dire que nous avons juste à nous débarrasser de notre Publisac nous-même. Essentiellement, c’est comme si quelqu’un venait déposer un petit tas de déchets chaque semaine devant notre porte et disait : « Ce n’est pas grave ; c’est compostable ! ». Ce n’est pas le travail de la population de ramasser les déchets d’une compagnie. La solution n’est pas de dire aux Québécois que c’est à eux de régler le problème ; il y a quelque chose d’absurde dans cette approche.

Comment les gens peuvent-ils s’engager avec Antipublisac ?

La consultation publique sur le Publisac s’est terminée le 12 novembre, alors c’est maintenant hors des mains de ceux qui veulent protester. C’est plus le 5 décembre, au moment que le rapport final va être présenté au conseil municipal, que les citoyens peuvent faire pression sur leurs élus municipaux. Par contre, en attendant, les gens peuvent continuer de s’inscrire à la page Facebook d’Antipublisac et m’envoyer des messages de soutien par courriel, à charlesmontpetit@yahoo.com. En m’écrivant, ils seront aussi sûrs de faire partie de la banque de personnes contactées pour faire pression sur leurs élus municipaux le jour du vote.

Finalement, êtes-vous optimiste pour le futur d’Antipublisac ?

Dans un sens, oui. Je suis optimiste que le bon sens devrait l’emporter. Par contre, au cours de ma campagne, j’ai constaté à plusieurs reprises que le bon sens n’emporte pas toujours. L’esprit critique n’est pas souvent présent chez les journalistes. En plus, ça requiert moins d’efforts de la part des politiciens de prendre le parti de Transcontinental. Alors, je ne suis pas tout à faire sûr et n’ose pas faire de prédictions. En plus, il y a trop d’étapes à franchir avant d’être optimiste. Je suis confiant que c’est très clair que notre camp a raison, mais est-ce que ça sera suffisant ? Est-ce que ça va se transformer en action concrète ? Il faudra voir le 5 décembre.

Pour en savoir plus sur la campagne Antipublisac, vous pouvez visiter Propre.org, la page Facebook Antipublisac ou la présentation sur la commission sur l’eau, l’environnement, le développement durable et les grands parcs.

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